Loïc Blondiaux

La démocratie participative avec Loïc Blondiaux

Vendredi 26 mars, pendant le salon du développement durable de Brest à la Penfeld, s'est tenu un atelier sur la démocratie participative.

L'intervenant principal, Loïc Blondiaux, sociologue, professeur à la Sorbonne était accompagné de Pierre Maille, président du conseil général et de Philippe Dupuy, consultant à Parmenion.

Ci-dessous, je vous livre mes notes sur l'intervention de Loïc Blondiaux.

Il y un paradoxe entre :

  • on n’a jamais autant parlé et promu la démocration participative - l’idée de démocratie participative fait l’objet d’un consensus général.
    • travaux de participation, « il faut faire quelque chose … »,
    • difficulté d’imposer un projet,
    • on ne peut gouverner comme avant,
    •  les lois ont imposé la démocration participative:
      • environnement (loi Barnier, charte de l’environnement, …),
      • action publique locale (Direction de la proximité, Conseil de développement, CCQ).
    •  elle est portée par un mouvement international (qualité publique en GB, démocratie directe à Porto Allegre, ..),
    • professionnalisme (chargé de missions dans les mairies, consultants, …).
  •  et son discrédit généralisé :
    •  par les élus : ne veulent pas de la DP en tant que participation à la décision et veulent garder le monopole de la représentation des citoyens.
    • par les experts et notamment les services des collectivités extrêmement réticents qui veulent garder le monopole des compétences : pourquoi faire de la participation avec des gens sans expertise et en plus publiquement ?
    • par les habitants : ceux qui sont déjà mobilisés dans une association craignent de se voir court-circuités et pour le grand public, « la décision est déjà prise » ou dans le meilleur des cas, ce sera pour choisir « le papier peint ».
 

Nécessité de clarifier :

  • -         quelle finalité pour la démocratie participative ?
1) faire participer les citoyens pour les « réconcilier » avec la démocratie.
2) rendre une décision plus légitime pour qu’elle soit mieux acceptée (anticiper les conflits) : « la légitimité d’une décision ne repose plus seulement sur la nature de l’autorité qui la prend mais aussi sur la procédure qui a permis de produire la décision qui la rend légitime ».
3) limiter les inégalités entre les jeunes, les plus pauvres et les groupes d’intérêts fortement organisés.
 
  • -         quelles modalités ?
1) institutionnalisation de la participation via des organismes permanents et rendus obligatoires par la loi,
2) débat public pour un projet
3) jury citoyen : modalité très expérimentale où des citoyens tirés au sort se voit pourvus d’une capacité d’expertise pendant quelques WE avant d’entrer dans le débat.
 

mais il y a 4 types de limite :

-         1) échelle :
  •  à quelle échelle ? la place ? le secteur ? le quartier ? la ville ?
  • si on change d’échelle, il y a un décalage entre l’espace de la discussion (la place, …) et celui de l’action (la ville, …),
  • l’égoïsme de quartier : un citoyen ne prend pas la mesure de ce qui se fait ailleurs, syndrome NIMBY (Not In My Back Yard : pas dans ma cour ..) èle désenclavement de la démocratie participative est essentielle.
-         2) capacité à éviter la reproduction des inégalités : ce sont toujours les mêmes qui participent : il faut informer, diversifier le recrutement, cartographier les arguments …
-         3) la démocratie participative ne doit pas être instrumentalisée par la démocratie représentative (pas de verrouillage, technique de communication).
-         4) articulation sur la décision : il est connu que la démocratie représentative est la moins mauvaise des systèmes de gouvernance mais alors comment faire accepter la démocratie participative ? Il faut que cela en vaille la peine ! la démocratie participative ne doit pas être une perte de temps 
 

Quelques réponses lors de la discussion :

  •  La démocratie participative impose de tout faire de manière publique ! (pas d’arrangement …),
  •  Elle oblige les responsables à se justifier.
  •  Nécessité que les organismes de démocratie participative (tels les CCQ) soient reconnus en tant que tels (pas d’élu président, relais d’opinion indépendant, …),
  •  Intérêt et nécessité d’une formation-réflexion-action pour les trois composantes : élus, experts, acteurs de la démocratie participative (ex : conseillers de quartier).
  •  La démocratie participative comme outil d’évaluation publique