Petits commerçants à Saint Martin (années 1970)

Article parue dans" La lettre de Brest-Centre" n°9

Quand on pouvait tout acheter (ou presque) dans son quartier !


Commerces de proximité :
faire ses courses, c’était un inventaire à la Prévert : le pain chez Pape (place Guérin), Gouzien (angle P. Masson-Volney) ou Digger (angle Ch. Berthelot-Bugeaud), la viande chez M. Pierre (rue  Ch. Berthelot), la charcuterie chez Borvon (rue Danton) ou Ollivier (angle Danton-Bruat), tout pour la ménagère à la « droguerie » Gallou (angle Danton-P. Masson), des vêtements pour enfants chez les demoiselles Lucas « Aux Joyeux Bambins » (rue Ch.Berthelot), des chaussures chez Francès (rue Bugeaud), un chapeau chez Yvonne Paranque (rue Louis Blanc) et même un vélo chez MBK-Lennez (place M.Gillet) ou une télé (couleur!) chez MGM (angle Danton-Duperré) ! Rue Duret, le cordonnier, M. Fath, cheveux poivre et sel en brosse, lunettes à monture en écaille, le crayon vissé derrière l’oreille, posait des fers sur chaque paire de chaussures neuves pour qu’elles durent plus longtemps. Son échoppe exhalait une odeur de cuir et de colle : on le regardait travailler, mesurer, découper, coller, clouter. Toujours affable, très souvent sur le pas de porte, il gratifiait les écoliers d’un bonjour sonore. Par jeu, à chaque rentrée à la maternelle Bugeaud, il se moquait gentiment des lar
C'était une maison bleue (Archives de Brest)mes des mamans en agitant son mouchoir dans leur direction ! Juste en face, à l’angle Duret-Bugeaud, les retardataires pouvaient se faire servir jusque tard le soir chez Mme Barbotin, l’épicière, ou encore, face à Kerigonan, chez Mme Rolland (angle M. Donnart-Boileau) qui se demandait comment je savais exactement quels fruits et légumes étaient placés sur l’étagère, bien au-dessus de moi ! Des miroirs décoratifs, astucieusement placés mais invisibles des adultes, me révélaient son contenu !
C’était une Maison Bleue… en raison de la mozaïque ornant sa façade, incontournable, à l’angle Danton-Proudhon. Mme Quiniou, assise sur un tabouret bas, le dos à la fenêtre ouvrant sur la rue Proudhon, tirait le lait tout frais de grands bidons, à l’aide d’une louche, et vous le servait directement dans les bouteilles de verre ou les petits bidons que vous lui apportiez ! Elle offrait aux enfants une rondelle de saucisson fait maison. Magasin toujours très bien achalandé, les cageots débordaient jusque sur le trottoir rue Danton et les files d’attente y étaient impressionnantes.
150 ans déjà… Certains sont toujours là (tapissier Salou et mercerie Lagadec, rue Danton), d’autres ont changé d’activité, beaucoup ont baissé le rideau. Tous ont laissé leur trace dans ce quartier Saint Martin qui fête, cette année,  son 150è anniversaire.

 

Photo Archives de Brest