Du côté de la Place de la Liberté (1968-1973)/ Volet 1.

Je laisserai de côté l'historique de cette place (place du Roi de Rome en 1811, en hommage à l'Aiglon, fils de Napoléon 1er et de Marie-Louise d'Autriche, au fil de l'Histoire, place Bourbon, à nouveau place du Roi de Rome et, finalement, place de la Liberté depuis le Second Empire jusqu'à nos jours) pour évoquer, de façon plus personnelle, cet endroit que mon père, comme beaucoup de "vieux" Brestois, nommait les "Glacis" et que ma mère appelle encore "la Cité". Pour moi, ce fut toujours place de la Liberté. Mais c'était surtout, pour nous, habitants de Saint-Martin, là où commençait vraiment le "centre-ville" d'où l'expression "aller (ou: descendre) à la Cité" qui désignait la place uniquement ou bien "aller en ville" (comprenant la place, la rue de Siam et ses alentours).

C'était l'époque, pourtant pas si lointaine (fin des années 60 et tout début des années 70) où il était de mise, pour une femme, d'aller en ville chapeautée et gantée. Ainsi les femmes rivalisaient-elles d'élégance. Les enfants se devaient, eux aussi, d'être correctement vêtus : pour moi, c'était, généralement, souliers vernis et blazer bleu marine.

C'était l'un des lieux de promenade privilégiés des Brestois, aussi bien le week-end que pendant la semaine, le long des allées roses et des massifs fleuris et odorants, lieu propice à la détente, aux pique-niques improvisés, en famille, dès les premiers beaux jours; lieu de rencontres intergénérationnelles aussi où, sur les bancs, se côtoyaient mères de famille avec enfants à l'heure du goûter, retraités, étudiants de la Fac de Droit toute proche, encore en baraques avenue Foch, employés du centre-ville profitant de leur pause...